Alcide Curie-Seimbres
Alcide Curie-Seimbres est né le 18 septembre 1815 à Trie-sur-Baïse. En 1837, il fait ses débuts d’avocat à la Cour d’Appel de Pau.
Son père, Louis Curie-Seimbres, fut Juge de Paix, élu du canton, puis Maire de Trie pendant 32 ans. Il fit construire, sur la Baïse, le magnifique pont de pierre à une seule arche, en voûte.
A partir du 22 juillet 1850, jour de son mariage avec Louise Bonnecarrère, Alcide Curie-Seimbres décide de s’adonner exclusivement aux occupations favorites de son « esprit ». La nature de ses occupations, ses correspondances avec le monde savant, ses articles dans les journaux et les revues laissaient présager ses publications prochaines. Il obtint la réintégration, dans les archives départementales des Hautes-Pyrénées, de très nombreux documents qui en avaient été détournés au profit de la Bibliothèque du Séminaire d’Auch. C’est à partir de 1862, qu’Alcide Curie-Seimbres fit paraître ses ouvrages.
A partir du 4 septembre 1870, il devint Maire de Trie-sur-Baïse. Il rendit possible l’établissement de fontaines publiques et fit reconstruire le chœur de l’église paroissiale qui n’avait jamais été terminé.
En 1875, il a le malheur de perdre sa femme, ce qui va l’assombrir tout le restant de sa vie. Une maladie implacable s’étant déclarée (affection cardiaque) Alcide Curie-Seimbres décède le 14 Août 1885.























Ces terrains avaient une contenance de 3 « arpents de gascogne » chacun, soit en tout 45 « journaux » pour les quatre padouens.

La place (y compris la mairie et l’église) a 100 mètres de long et 75 mètres de large. C’est sur cette même place que fut planté le pieu (« pau » en gascon) en signe de la nouvelle bastide.
Dans la bastide originelle, les portes étaient au nombre de quatre :


En 1569 au mois d’août, Montgommery, capitaine « huguenot » passant dans la contrée, dévasta tout sur son passage: églises, maisons presbytérales, … La ville de Trie ne fut pas prise. Les troupes n’avaient ni le temps ni le loisir d’assiéger la ville; par contre le monastère situé dans le faubourg et peu défendu fut brûlé et les moines jetés dans le puits du cloître. L’église, seule, échappa à la destruction complète (manuscrits d’Aignan). A la suite de la destruction du cloître par Montgommery, les carmes de Trie vendirent aux bénédictins de Saint-Sever une partie de leurs colonnes et de leurs chapiteaux. L’ancien cloître comptait plus de 80 chapiteaux. Saint-Sever en acquit 48 (ils sont aujourd’hui au jardin Massey de Tarbes). Les autres furent dispersés après la démolition définitive de la fin du XVIIIème siècle, pour être à nouveau réunis d’une façon presque complète. Après quelques pérégrinations, ils parvinrent au Metropolitan Museum, 1690, Fort-Washington-Avenue à New-York où ils sont encore à ce jour.
ables décidèrent d’édifier à cet endroit la chapelle de Notre Dame des Neiges aussi baptisée « Las Neus » (Les Neiges en Gascon)

Un monastère se construit à Trie : le monastère des Carmes. Il est aussi intéressant que capital de se pencher sur l’origine du mot: il vient en fait du Mont Carmel (Syrie), mont sur lequel s’étaient retirés des ermites pour constituer l’ordre des Carmes. Ce dernier prescrivait l’abstinence perpétuelle, le jeûne, la pratique du silence et la pauvreté. Au XVème siècle, il devait être habité par 25 personnes : religieux, prêtres, autres frères et capitulaires. Le monastère contribua par son importance à augmenter la grandeur et la richesse de la ville.
L’église des Carmes, le début de la construction reste un point d’interrogation (les documents 18563 et 18565, archives du séminaire d’Auch, déclarent « On ne connaît pas la date de la fondation de la maison… »). Fut-il fondé entre 1357 et 1365 comme d’aucuns le prétendent ? La date inconnue de la fondation, n’empêche nullement « la maison » d’avoir une certaine splendeur : « Le couvent de Trie fut au XVème siècle assez considérable tant par le chiffre de ceux qui l’habitaient au nombre de 25… » Quant à l’architecture elle-même, elle est relativement dépouillée : pas de bas-côtés, ni de transept, un chevet à pans coupés. La voûte a cinq travées. Le portail d’entrée est face au choeur. Le clocher, aujourd’hui disparu, était sur le côté gauche au milieu de l’édifice. (Edifice long de 34,40m, large de 10,20 m, haut de 12 m). On compte 3 baies dans le chevet. Les arêtes s’arrêtent sur des modillons au lieu de descendre jusqu’au sol. Sur ces modilllons sculptés : anges, boeufs, aigles, lion à peine visibles à l’heure actuelle. On dénombre 6 chapelles à niche : 3 à droite, 3 à gauche : – la 1ère à gauche (Ste Aime) : lieu de sépulture de la famillle Bonnassies de Trie – la 2ème à gauche (Notre Dame du Mt Carmel) – la 3ème (St Joseph) Tombeau de la famille des Sariac. De chaque côté du Choeur se trouvent deux grandes niches : les « enfeux » destinés à la sépulture des prieurs. A la voûte : 6 écus avec des traces méconnaissables sont visibles à la croisée des ogives. Dans le choeur : on observe les armes mêlées du roi de France et du seigneur de la bastide (3 lys, couronnes royales avec pointes tournées vers le choeur). Y-a-t-il eu une ou deux églises, une première chapelle vers 1360 et une deuxième (l’actuelle) commencée vers 1435 ? En 1791 l’église fut vendue comme bien national ; les chapelles devinrent des granges, des échoppes… 1850 : 

Lors de la Révolution tout se passa dans le calme à Trie. En 1793, Trie eut son club de Jacobins appelé « La Société Montagnarde et Républicaine de Trie ». En 1814, les alliés de l’invasion, Anglais, Espagnols, Portugais suivirent les troupes françaises qui se retiraient sur Toulouse. Trie fut alors envahie et le souvenir de ce passage resta fort vivace pendant longtemps. Les Français étaient plus maraudeurs et indisciplinés que les Anglais qui payaient tout. En 1832, l’insurrection des paysans, qui ne voulaient pas payer de taxe et être plus libres, provoqua une émeute qui fit plusieurs blessés et occasionna de nombreuses dégradations. Le mouvement, qui n’était pas une sédition, prit une ampleur énorme : 6000 personnes, disait-on, y participèrent, si bien que la ville dut retirer les taxes sur le champ. Mais c’est la prospérité de Trie qui en pâtît longtemps. Lors des élections de 1848, le canton de Trie suivit le mouvement général et vota à une majorité écrasante : Louis Napoléon Bonaparte. Mais avant 1848, le cens de 200 francs ne permettait qu’à 26 électeurs sur les 9817 habitants du canton de Trie de voter. Ce que nous pouvons dire sur la guerre de 14/18 c’est qu’elle ne souleva pas l’enthousiasme de la population triaise. Durant cette période, le docteur Nogaro administra à Trie un hôpital pour soigner les blessés de guerre.
Par contre, le monastère situé à l’extérieur de la bastide, mal protégé, subît impuissant les assauts furieux des troupes protestantes. Le couvent fut brûlé et détruit de fond en combles. L’église échappa à la destruction même si Montgonmery essaya de la brûler. Les habitants du monastère (entre 20 et 25 personnes) furent tués, mutilés puis jetés dans le puits du cloître. Seul le prieur ne subit pas ce traitement. L’histoire raconte qu’il était parent avec un des chefs des Huguenots. A ce titre, il réclama une faveur. Le chef lui répondit: « Aussi n’ai-je garde de vous traiter comme eux; ainsi vous rendrez les honneurs dus à votre naissance et dignité, et serez pendu au-dessus de la porte principale du couvent ». C’est ainsi qu’il obtint sa faveur. De plus, les intempéries détruisaient les récoltes et plongeaient les habitants dans une famine des plus graves. Plusieurs personnes succombèrent en 1592. Au préalable, Trie avait été frappée durant trois mois par la peste (1589-1590). Au XVIIème siècle, Trie était régulièrement traversée par des troupes de soldats et devait donc payer des sols (anciens sous) à ces derniers. Ainsi Trie, qui était célèbre pour le grand nombre de passages qu’elle subissait, a vu s’épuiser ses deniers publics et privés. En 1654, la peste ravageait une nouvelle fois le pays. Et cette misère fut accrue par d’autres évènements dramatiques. En 1660, Audijos, un Béarnais qui était à la tête d’une troupe de pillards de trois mille personnes, arriva à Trie. Les portes lui étant fermées, il brûla la banlieue. La grêle détruisit aussi la totalité des récoltes en 1693. Le XVIIIème siècle fut pratiquement la copie conforme du XVIIème. En effet, la peste sévit de nouveau en 1721 alors que la grêle mît à sac les récoltes en 1762.
De plus, la ville s’est étoffée: les fortifications sont devenues opérationnelles avec l’existence d’une double enceinte. Une citadelle de douze mètres sert d’ouvrage militaire, plus efficace qu’une tour. Elle se trouve adossée aux remparts au sud-ouest de la ville et héberge les soldats stationnés à Trie. Enfin, quatre portes ouvrent la bastide au reste du monde sur les quatre points cardinaux. Sur le plan ecclésiastique, l’église paroissiale entre en construction en 1444. De plus, deux hôpitaux s’établissent et participent au rayonnement de Trie au XVème siècle; l’un d’eux est destiné aux pauvres. Durant tout le début du XVIe siècle, c’est l’opulence à Trie !
La ville se construisit, son fonctionnement se mit en place. Et comme annoncé, les habitants de Trie durent se ruiner pour construire leur Bastide : monuments publics, églises, fortifications. Les terres, auparavant sans valeur, commençaient à être défrichées : bientôt elles pourraient être productrices. La Bastide, encore à l’état embryonnaire, se développait petit à petit dans la précarité… lorsque arrivèrent les Anglais. En 1356, le roi de France, Jean Le Bon, est battu par le Prince de Galles à Poitiers et la défaite est retentissante. Le Prince de Galles, surnommé le Prince Noir à cause de la couleur de son vêtement, entreprend une chevauchée ravageant le Limousin, l’Auvergne, le Berry. Mais il n’en est pas à son coup d’essai car en 1355 il a déjà conduit une foudroyante expédition: un aller-retour de Bordeaux jusqu’à Narbonne dont les Français du midi ont conservé des souvenirs horrifiés de pillages, de meurtres et de récoltes ruinées tandis que lui-même en retirait un immense butin et un prestige considérable. Cette triste période devait se terminer par le désastreux traité de Brétigny de 1360 par lequel la Bigorre et vraisemblablement les enclaves passaient aux mains des Anglais. Mais dans les années qui ont précédé cette bataille de Poitiers, des bandes anglaises ont atteint Trie après avoir envahi la Gascogne et pillé les villes d’Aignan et de Plaisance. Notons au passage que le château et l’église de Lubret sont brûlés, la Bastide de Saint-Luc est détruite, elle ne se relèvera pas. Malgré des fortifications encore très modestes (quelques tours avancées, un grand fossé et une palissade), Trie arrête le Prince Noir quelques jours et se défend. Une armée d’Armagnac de 300 hommes accourt, mais il est trop tard. Trie est prise : pillages, saccages et incendies se succèdent. C’est alors qu’un personnage va lâchement profiter de cette faiblesse. Jean de Nay, prieur de Momères, qui était un partisan des Anglais fit enfermer des triais à la prison de Momères. Plus tard l’aveu tombe : il reconnaît les désastres de la ville auxquels il a collaboré et même participé. Il ne mâche pas ses mots : il évoque une Bastide rendue « inhabitable » avec « beaucoup de tués » ou des habitants « entraînés par la force des armes », « chargés de liens » ou « pendus ». Le siège des Anglais n’est malheureusement pas le seul fait saillant de cette seconde moitié de XIVème siècle. Elle sera frappée par la terrible peste noire et les disettes à répétition.
D’un contrat de paréage, c’est à dire un contrat pour l’exploitation d’une terre, naît la Bastide de Trie-sur-Baïse en 1323. Trie est une de ces villes qui ont été construites à la fin du XIIIème siècle début XIVème sous le nom de Bastide : Rabastens, Miélan, Mirande, Tournay, Boulogne sur Gesse…. Ce contrat aux allures de pacte entre les futurs habitants de la Bastide, les seigneurs donateurs et le roi fut signé au Château de Duffort, aujourd’hui disparu. Il réunissait donc un représentant du roi, le seigneur de Duffort Bernard de Manas, le seigneur de Puydarrieux Géraud d’Esparros et un représentant de l’abbaye de l’Escaladieu, l’abbé Roger de Mauléon. Ce contrat a été passé sous l’égide de Jean de Trie, sénéchal de Toulouse. Ce dernier a pu laisser son nom à la ville de Trie car les sénéchaux (les baillis du Midi) étaient devenus très indépendants vis à vis du pouvoir. Jean de Trie avait des fonctions juridiques importantes. Dans ce contrat, les seigneurs cédaient des lieux malfamés et incultes pour fonder la Bastide. Perdant des terres sans valeur, ils récupéraient par la suite grâce aux droits féodaux une somme d’argent non négligeable qu’ils partageaient avec le roi. Si les avantages d’un tel projet ne font pas de doute pour eux, le plus difficile reste à faire : faire venir les habitants. Eux tiraient avantage de la » Charte des coutumes » qui prévoyait l’existence d’une seule classe de citoyens, tous égaux, tous libres : classe qui était de surcroît protégée par l’existence même d’une Bastide. Apparaît également dans cette Charte une certaine humanisation de la justice avec la substitution de l’amende aux châtiments corporels. Cependant les futurs habitants se voyaient imposer de construire les « monuments » publics, les fortifications et la citadelle de leurs propres deniers. A noter qu’il était aussi prévu que le jour de marché serait le mardi. A Trie, cette habitude subsiste toujours 8 siècles plus tard. Enfin, la chapelle Notre Dame des Neiges qu’on appelait aussi « las Nèus » (les Neiges) fut commencée en 1325. Sa légende est fort originale : nous la découvrirons dans un prochain chapitre. Ainsi commença l’histoire de notre bastide …